Formation initiale

universite-paris-ouest-nanterre-la-defenseL‘université de Nanterre a accueilli la première formation à la médiation familiale en France, dans un cadre universitaire, en 1992. D’emblée, se construit une collaboration avec l’APME Médiation pour sa mise en œuvre pédagogique. Cette réalisation, alors très innovante dans sa conception et sa dynamique qui regroupe professionnels et universitaires, va alimenter la réflexion puis l’élaboration des référentiels de formation à la médiation familiale qui aboutiront à la création du diplôme d’état de médiateur familial (DEMF) fin 2003.

Nous aurons bientôt 25 ans d’expérience dans la formation et la construction de la compétence de médiation familiale. La formation a évolué et s’est adapté à la réalité de l’exercice de ce nouveau métier dans un aller-retour incessant entre professionnels de la médiation, universitaires et formateurs.

En 2016, la formation a intégré l’UFR de Droit Sciences Politiques, dans le cadre de la renégociation du partenariat entre l’université et l’APME Formation. Dans le contexte du développement des MARD (mesures alternatives de règlement des différends), de l’évolution du Droit et de l’évolution de la médiation, l’inscription de la formation à la médiation familiale dans ce lieu est le gage de la qualité de savoirs transmis avec une ouverture sur la recherche et de la préservation de sa dimension professionnelle.

Une prochaine promotion débutera sa formation en janvier 2018. Dès à présent, les inscriptions sont ouvertes :
Préparation au DEMF de l’Université de Nanterre

N’hésitez pas à nous contacter !

Nos méthodes pédagogiques interactives et notre dispositif d’évaluation présentent un niveau d’exigence reconnu sur le terrain professionnel. L’ancrage théorique repose sur un enseignement universitaire reconnu et la participation constante à la réflexion sur la place et le développement  de la médiation familiale. L’ancrage pratique et une adaptation constante de la formation à la réalité de la médiation familiale se construisent grâce aux interventions des médiateurs familiaux, un réseau de lieux de stages variés et choisis pour la qualité de leur accompagnement, des entraînements pratiques qui rendent le stagiaire opérationnel et autonome et enfin des résultats probants : tous nos stagiaires diplômés travaillent dans le champ de la médiation.

Pendant toute la durée de la formation, Isabelle Pasquier et Anne Bouteille, responsables pédagogiques, organisent l’ensemble de la formation, animent le module de médiation et gardent un contact étroit avec les stagiaires. Cette présence est une véritable garantie de réussite dans l’acquisition d’une compétence de médiateur.

La formation au Diplôme d’Etat de médiateur familial est organisée sur 2 années. Elle prévoit une unité principale de 280 heures de théorie et pratique de la médiation, 3 unités contributives de droit (63 heures), de psychologie (63 heures) et de sociologie (35 heures), susceptibles de dispense d’évaluation et un stage d’un minimum de 105 heures. La première année est consacrée aux enseignements théoriques et pratiques et se déroule les lundis et mardis en dehors de vacances universitaires. La deuxième année, consacrée au stage et à l’élaboration du mémoire professionnel de recherche, prévoit 10 regroupements le vendredi.

Vous pouvez télécharger ici les textes ministériels relatifs à cette formation : Décret du 2 décembre 2003 Arrêté du 19 mars 2012 Modifié par l’arrêté du 12 août 2012 et complété par la circulaire du 15 octobre 2012.

Le coût de la formation (tarifs 2017) est de 5200 € (Individuel ) ou 8500€ (Institutionnel). Les responsables pédagogiques du DEMF sont à votre disposition : Anne Bouteille : anne.bouteille@accalmie.fr au 06 84 50 36 11. Isabelle Pasquier : pasquier.magnusson@gmail.com au 06 70 80 04 98.

L’arrêté du 12 mars 2012 relatif au diplôme d’Etat de médiateur familial précise que le candidat dispose de 5 ans pour valider l’ensemble du diplôme (les trois domaines de compétence).

L’observation et l’expérience accumulées depuis la création du diplôme d’Etat montre que l’épreuve de présentation et de soutenance d’un mémoire d’initiation à la recherche est la plus sélective (Domaine de compétence 2).

Elle conduit les candidats à tenter plusieurs fois l’épreuve avant de l’obtenir. Ces stagiaires ont terminé leur formation et se trouvent, alors, dans la situation de préparer cette épreuve seuls et sans accompagnement.

L’APME formation propose un accompagnement spécifique à la présentation et à la soutenance du mémoire aux stagiaires ayant terminé leur parcours de formation sans avoir validé l’épreuve du mémoire et souhaitant le faire en vue de l’obtention du DEMF.

Objectifs

Le stage de training du mémoire permettra aux stagiaires de :

  • Connaitre et mettre en œuvre la méthodologie du mémoire d’initiation à la recherche du DE
  • Repérer leurs points forts et travailler ses points faibles, soutenir leur motivation, bénéficier du regard critique et bienveillant du groupe
  • Construire leur réflexion et rédiger
  • Maîtriser les attendus de la soutenance orale et s’y préparer efficacement.

Une pédagogie adaptée à l’avancement et l’aptitude de chacun dans le travail de son mémoire leur sera proposée dans le cadre d’un travail de groupe (8 personnes maximum).

Un livret pédagogique sur le mémoire du DEMF sera remis à chaque participant.

Cet accompagnement s’organise autour de :

Un tronc commun de quatre séances de 4 heures :

Au cours de chaque séance, un premier temps sera consacré à la présentation du travail de chacun suivi d’un échange et un second temps à l’écriture individuelle ou en petit groupe.

Contenu :

  • Définition et attendus du mémoire d’initiation à la recherche
  • Choix et définition d’un sujet
  • De la question de départ à la question de recherche ; Phase exploratoire théorique et pratique ; Elaboration d’une problématique ; Méthodologie et analyse ; Hypothèses de recherches
  • Organisation des idées et écriture ; Règles de présentation et de référencement bibliographique ; Introduction et conclusion
  • Un entraînement à la soutenance orale du mémoire proche des conditions réelles de l’épreuve :

    Une heure de jury et double lecture du mémoire pour chaque stagiaire ; participation du groupe aux soutenances.

    Une possibilité de coaching individuel :

    Rendez-vous individuels pouvant être pris en complément ou indépendamment du tronc commun

    Intervenants :

    Isabelle PASQUIER ou Anne BOUTEILLE, médiatrices familiales DE et formatrices, référente du mémoire et responsable pédagogique du DEMF de l’Université de Paris Ouest Nanterre ; Jacques SALIBA, sociologue et formateur.

    Lieu, durée et dates 2016/2017 :

    • Paris
    • Quatre demi-journées de 4 heures, les lundis de 13 h à 17h : 11 décembre 2017 ; 8 janvier 2018 ; 12 mars 2018 ; 30 avril 2018
    • Journée de soutenance blanche : vendredi 1er juin 2018

      Coût :

          • Tronc commun de 4 demies journée + journée de soutenance blanche : 420€
          • Soutenance blanche (seule) : 200€
          • Coaching soutien individuel : 100€ la séance d’une heure

Année 2016

Géraldine BABEAU : la médiation familiale : un espace à la mesure des familles homoparentales

Géraldine explore un sujet contemporain et fort complexe.

La situation suivante, rencontrée sur le terrain l’illustre bien :

«  Damien et Charles vivent en couple depuis plusieurs années et sont parents d’une petite fille. Ils ont eu recours à une Gestation pour autrui avec donneuse d’ovocytes aux Etats-Unis. Ils ont chacun donné leur sperme et ont une recours à une donneuse d’ovocytes qu’ils connaissaient. C’est une autre femme qui a porté les enfants. Ils ont demandé à ce que leur sperme soit mélangé afin d’être tous les deux pères biologiquesMais au regard de la loi française, seul Damien est le père légal. Aujourd’hui Damien et Charles sont séparés depuis quelques mois, leur relation est très tendue et Charles veut continuer à s’occuper de leur fille. Il reproche à Damien de ne pas lui laisser la voir. Il est très inquiet. »

Dans ces situations de pluri parents comment chacun va-t-il pouvoir trouver sa place dans ce projet parental et comment ? Comment la médiation familiale peut-elle prendre en compte la réalité des projets homoparentaux ? Autrement dit, comment la médiation familiale permet-elle de travailler le lien à l’enfant au sein des familles homoparentales ?

Les familles homoparentales interrogent les normes de la filiation : s’il s’agit de familles comme les autres, ce sont aussi des familles avec leurs spécificités. Géraldine fait une analyse très complète du cadre juridique de la filiation et de ses effets : les difficultés d’accès à la parenté contraignent les homosexuels à élaborer des projets homoparentaux variés et complexes, qui ne lèvent pas forcement les incertitudes quant à la possibilité de continuer à exercer son rôle de parent en cas de séparation (c’est la question de la reconnaissance du parent social).

C’est pourquoi on peut supposer que l’espace de médiation familiale est particulièrement adapté pour permettre aux homoparents, en situation de conflit, de parler ensemble et définir les rôles de chacun vis-à-vis des enfants.

Pour accompagner les familles homoparentales dans le respect des personnes, le médiateur familial doit se questionner sur sa compétence. Il devra s’interroger sur ses représentations pour que sa pratique puisse rester en accord avec la déontologie de la médiation.

Géraldine a ainsi réfléchi aux enjeux pour les médiateurs qui reçoivent des familles homoparentales : Comment travaillent-ils sur leurs résonances pour accompagner ces familles ? Et dans quelle mesure serait-il pertinent d’adapter le dispositif de la médiation familiale pour répondre au mieux aux spécificités des familles homoparentales ?

Yasmine AMRIOUI : complexités et spécificités des médiations familiales avec des personnes qui ont vécu la violence conjugale structurelle

Il est fréquent d’entendre que la médiation familiale n’est pas adaptée aux situations de violences conjugales et même contre-indiquée, en particulier en cas de violences conjugales structurelles.

Pourtant, face au constat qu’1 femme sur 10 a été victime de violences conjugales au cours des 12 derniers mois (chiffres de 2000) il est probable que les médiateurs reçoivent des couples qui ont vécu des situations de violences conjugales conjoncturelles mais aussi structurelles.

Comment repèrent-ils ces situations ; à quelles conditions estiment-ils que les conditions d’une médiation familiale sont réunies ou pas ?

Ce n’est pas la question de la faisabilité d’une médiation familiale dans le cas de violences conjugales qui intéresse Yasmine.

Elle choisit un angle d’étude plus audacieux en se demandant comment un couple aujourd’hui séparé, qui a vécu dans une relation de violences conjugales structurelles va pouvoir être reçu en médiation : quelles vont être les spécificités de cet accompagnement ?

Nous suivons Yasmine dans le cheminement de sa réflexion, qui est exposée avec clarté et dans un style agréable et vif.

Dans une 1ère partie, elle nous permet de différencier la violence conjugale du conflit et d’appréhender les différentes lectures de la violence conjugale (juridique, sociologique et psycho-dynamique) et leurs conséquences sur nos représentations de cette violence conjugale. Ce sont des références très utiles pour le médiateur.

Dans une 2de partie, elle s’attache à décoder la demande de médiation familiale des personnes qui ont vécu une relation de couple violente. En partant de l’analyse des séquelles que la violence conjugale laisse, elle tente de repérer les possibilités d’évolution de la relation de ces personnes.

En découle une 3ème partie, consacrée aux spécificités des médiations familiales dans ce contexte. Yasmine répertorie très précisément toute une série de questions que la complexité de ces médiations pose, en analyse les risques et  propose au médiateur des pistes de réflexion et d’aménagement de son cadre.

En conclusion, pour activer le processus de la médiation familiale, le médiateur devra être attentif à la problématique des places d’auteurs et de victimes et travailler à faire bouger ces lignes. De quelle manière et avec quels outils ? L’hypothèse posée par Yasmine est que c’est par un travail de soutien et d’individuation de chacun, en tant que personne indépendante et autonome.

Nathalie ROGEL : la question des « effets thérapeutiques » en médiation familiale

Voilà une idée qui peut paraître surprenante, nous dit d’entrée Nathalie, les « effets thérapeutiques » n’appartiennent-ils pas exclusivement au cadre de la thérapie ? Y il aurait-il des similitudes entre « espace thérapeutique » et espace de médiation ?

Dans ce travail, Nathalie cherche à comprendre ce qui se joue dans l’espace de médiation et à identifier en quoi la MF s’approche du soutien thérapeutique et en quoi elle s’en démarque. Pour cela, à côté d’une exploration théorique, elle s’appuie sur l’analyse d’un questionnaire adressé à des personnes qui ont fait une MF, avec des résultats particulièrement intéressants.

Une 1ère partie est consacrée à la déliaison du couple. La séparation est toujours une période difficile, où il est question de souffrance, plus ou moins intense, en fonction du degré de conflit entre les personnes. Se retrouver en MF pour ces personnes, c’est se trouver de nouveau confronté à la douleur de la séparation. Lorsque les parents sont dans un conflit qui les empêche de raisonner et de trouver des solutions, ils viennent en MF avec une demande de soutien de leur relation fonctionnelle comme parent.

En quoi le cadre de la MF et la posture du médiateur ont-ils des aspects thérapeutiques ? Ces questions sont développées dans une 2ème et 3ème partie. Les personnes en conflit sont en général enfermées chacune dans leur propre monde de pensée et de représentation. La fonction du médiateur serait thérapeutique en ce qu’elle favorise l’expression de leur ressentis, de leurs émotions et de leurs besoins. Le médiateur accompagne les personnes en se centrant sur leurs récits, tout comme le ferait un thérapeute. La disponibilité psychique du médiateur permet qu’un travail se mette en place autour de la relation à l’autre et autour de l’identité.

Nathalie en conclut que « ce n’est pas tant la technique utilisée par le médiateur qui serait importante » pour activer les changements « mais ce qu’il est , la qualité de sa présence » et sa capacité à accepter le discours des personnes. La MF permettant l’expression de soi dans un cadre contenant et sécurisé, a une fonction revalorisante et réparatrice, ingrédients pour des « effets thérapeutiques ».

Une 4ème partie est axée sur l’analyse des effets de la MF sur les personnes et leurs aspects éventuellement thérapeutiques. Ce qui est le cas quand la MF permet entre autres :

      • L’accès à la symbolisation par le langage et la mise en mots des émotions
      • Un apaisement des tensions et de la souffrance grâce à l’écoute et la disponibilité du médiateur
      • Un déploiement du moi des personnes, grâce à l’utilisation du pronom « je » et à l’expression des affects
      • Une capacité à s’autonomiser et à s’individuer en poursuivant le travail de deuil de la relation
      • Un développement de la créativité des personnes et de leurs ressources internes
      • La possibilité de se raconter et d’entrer dans une quête de soi et de là peut être d’aller à la rencontre de l’autre
      •  Et de favoriser toute évolution psychique des personnes

Marie-Laure CREPON : pédagogie et médiation familiale : quels liens ?

« Ah ! Alors vous venez apprendre comme nous ? » c’est cette réflexion, qu’une personne venant en MF lui a faite lors de son stage professionnel qui a fait émerger ce questionnement chez Marie-Laure :

Y a-t-il des liens entre la pédagogie et la médiation familiale ? Et quelles en seraient les caractéristiques ?

N’est-il pas paradoxal de lier pédagogie et MF, puisque selon le principe déontologique de neutralité, le médiateur s’interdit d’avoir un projet pour les personnes qu’il reçoit ? Et pourtant, certains médiateurs peuvent dire que la médiation est une pédagogie en soi.

Pédagogie : un mot qui provoque de fortes représentations et influence du coup la réponse des médiateurs interrogés : voilà un des constats de l’enquête de terrain effectuée par Marie-Laure auprès des médiateurs.  Un point qui en ressort est que la médiation ne vise pas des apprentissages mais peut avoir des effets d’apprentissage.

Pédagogie : un mot qui recouvre une grande diversité de courants pédagogiques que Marie-Laure présente et analyse pour arriver à les synthétiser en 2 courants de pédagogie : un modèle « autoritaire » et un modèle « égalitaire ». Elle modélise leurs caractéristiques sous forme d’un tableau comparatif : dans le 1er modèle l’apprenant est passif alors qu’il est acteur dans le 2ème. Dans la 1er cas, l’enseignant transmet le savoir, dans le 2ème c’est un facilitateur, catalyseur d’un processus. L’on voit que le 2ème modèle de pédagogies actives comporte des similitudes avec la MF.

Pédagogies actives : quels sont les liens avec la MF mais aussi les divergences. C’est la question que Marie-Laure explore dans sa 3ème partie. Elle met en lien les différents éléments du dispositif de la MF et celui de la pédagogie et cherche à identifier des passerelles entre les deux.

Des passerelles entre pédagogie et MF comme troisième voie ? C’est « le pas de côté » que Marie Laure nous invite à faire, en dépassant l’approche dichotomique divergences/convergences. Cette 3ème voie serait à envisager sous forme d’échanges de méthodes, au service de la médiation.

Elle débouche sur l’objet d’une recherche plus approfondie qui pourrait-être : En quoi la pédagogie pourrait-elle contribuer à l’enrichissement de la pratique du médiateur ainsi qu’au développement de la MF comme pratique sociale ?

Véronique GERVAIS : l‘entreprise du couple en médiation familiale

 Véronique s’est intéressée aux couples qui possèdent une entreprise et à ce qui leur arrivent quand ils se séparent.

Car si le légitimité du médiateur familial semble aujourd’hui parfaitement établie en ce qui concernent les aspects parentaux et conjugaux des séparations, il semble qu’il y a encore pour la MF une légitimité à acquérir pour les  questions qui touchent à l’entreprise d’un couple qui se sépare.

Véronique a abordé cette question sous le prisme de 3 thématiques :

      • la recherche de solution pour de l’entreprise
      • le travail relationnel sur ce lien particulier du partenariat économique
      • comment ce sujet de l’entreprise du couple impacte la conduite du processus de médiation

Son travail montre sur quoi le médiateur familial peut s’appuyer pour soutenir les personnes qui se séparent avec cette dimension particulière tant sur le plan technique et concret que dans les aspects relationnels.

Elle en montre les conséquences pratiques sur les médiations en s’appuyant sur ses observations.

Elle ouvre son travail sur la recherche des freins qui expliqueraient le développement assez lent de ce type de médiation encore aujourd’hui

 

Pauline GORIOUX : la médiation successorale, la mal aimée

 Pauline a choisi de passer plusieurs mois en compagnie des fratries qui se déchirent au moment de la succession de leurs parents.

Elle se demande pourquoi alors que le médiateur familial se destine à soutenir les familles qui vivent un conflit, les personnes en situation de rupture à l’occasion d’une succession poussent peu la porte de la médiation familiale.

Pauline a cherché  à mieux comprendre les réticences qui existent chez les familles et aussi chez les médiateurs.

Elle a ensuite montré en quoi la médiation familiale est une vraie opportunité pour les fratries en conflits.

Elle s’est ensuite attachée à expliquer les rôles respectifs des notaires et des médiateurs familiaux  afin de tisser des liens de confiance, d’apprendre à mieux se connaître et envisager un partenariat  qui pourrait être intéressant pour les deux professions et surtout pour ces fratries en conflit.

Amélie CADOUX: la médiation familiale : Un espace de responsabilisation malgré la loi qui tend vers l’injonction

 Amélie, de par sa formation et son métier initial s’est très vite posé la question de la responsabilisation des personnes. Sa formation à la MF lui a permis de découvrir et de mettre en ouvre le lent processus de réappropriation par les personnes de leur volonté propre.

Cependant, la réalité de l’obligation à la médiation par les différentes institutions (et notamment le contexte législatif) viendrait mettre à mal ce processus.

Elle va montrer tout au long de son travail en s’appuyant sur une exploration théorique et sur ses observations de stage que l’éthique, les principes déontologiques et le processus même de médiation familiale accompagne le sentiment d’obligation des personnes vers un sentiment de responsabilisation.

Gaëlle FRAZIER : médiation familiale en milieu carcéral : espaces et altérités.

Gaëlle s’est posé la question suivante :

Comment le médiateur familial pourrait-il mettre en place un espace de médiation, ainsi que le cadre qui suppose le respect mutuel, pour recevoir une personne incarcérée et un membre de sa famille ?

Elle aborde ainsi deux thèmes principaux : d’une part, la faisabilité pratique, juridique et déontologique de la mise en place d »un espace de médiation familiale en prison, et d’autre part, l’acceptation du cadre de la médiation familiale, principalement du point de vue du principe de respect de l’autre, par des personnes ayant transgressé des règles sociales.

En s’appuyant sus ses observations et 4 expériences de médiation familiale en milieu carcéral, elle montre comment les principes déontologiques de la médiation familiale sont respectés. En outre grâce à ses enquêtes, elle découvre que le médiateur constitue un apport important sur le plan social tant pour la personne incarcérée que pour sa famille.

Elle conclue que l’espace de médiation semble constituer un lieu de jonction, un pont, réalisant une unité d’espace entre la prison et la société civile.

Remise des DEMF 2015

Ce sont 24 nouveaux diplômés que nous sommes très heureux de féliciter aujourd’hui et d’accueillir comme jeunes médiateurs familiaux ! 24 étudiants, qui après un parcours de formation de préparation au DE de 2 ans à Nanterre, ont présenté et validé en juin dernier, la dernière épreuve, celle du mémoire. 24 mémoires donc, qui portent sur une variété de sujets, variété d’autant plus intéressante que ces travaux de réflexion sont en lien direct avec la pratique professionnelle de MF.

En cela, tous ces mémoires sont précieux car les questions qu’ils soulèvent contribuent à mieux cerner les spécificités de la MF et le positionnement, si singulier, du médiateur.

Ainsi, au fil de ces travaux, nous sommes amenés à réfléchir à la juste distance professionnelle du médiateur (Patricia NELTNER), à sa légitimité (Line RENAULT) et à sa neutralité quand il travaille sur la coparentalité (Céline DU SARTEL).

Comment le médiateur pose-t-il un cadre qui va permettre à un processus vivant de s’enclencher ?

De quelle manière accueille-t-il les émotions (Véronique ASSELIN) ou aborde-t-il la question de l’intimité (Nathalie RICHARD)?

En quoi est-ce utile de parler d’argent en MF (Laurence MILLOT) ?

Comment la MF peut-elle permettre de cheminer vers la reconnaissance de chacun (Audrey LANNEAUX)?

Comment le principe de consentement traverse-t-il la médiation familiale et avec quel effet (Béatrice RANDOUX) ?

Mais aussi, quelle est l’empreinte du temps (Clotilde de SURVILLIERS) ou encore la place du doute en médiation (Patricia RAFFIN) ?

De quelle façon le médiateur favorise-il la différentiation des personnes (Karla MARTINS) ? Est-il un révélateur de la métamorphose du lien entre elles (Isabelle MATTON) ?

Léopoldine CAURA (3ème ex-aequo) a réfléchi à l’utilisation et aux effets du génogramme en MF. Comment le médiateur s’approprie-t-il l’outil génogramme, emprunté de la systémie et de la sociologie clinique ? Une analyse des pratiques du génogramme en médiation permet de recenser des effets « moteurs » sur le processus mais aussi d’alerter sur certains qui « peuvent le mettre à mal ».

D’autres mémoires questionnent les conditions de développement de la MF dans des contextes spécifiques, comme dans le champ de la protection de l’enfance (Yacout EL GROUA, Delphine SOULIE) ou de l’interculturel (Badiha de TRAMASURE). Un autre nous interroge sur les défis de la médiation familiale internationale (Julie HIRSCH).

Quand liens familiaux et professionnels sont mêlés, en quoi la médiation familiale peut-elle faciliter la transmission de l’entreprise familiale (Catherine PERRIN) ou comment va-t-elle accompagner la séparation du couple en milieu agricole (Mathilde ALEXANDRE) ?

La médiation familiale saura-t-elle répondre aux enjeux des solidarités familiales et la vulnérabilité du grand âge (Fanny LAIGNEAU) ?

Autre défi, la médiation familiale pourra-t-elle trouver sa place dans le développement actuel des approches amiables du différend en droit de la famille (Sophie ALONZO) ?

Pour Charlotte AVEILLAN (3ème ex-aequo), une question fondamentale des MF judiciaires, qui se développent actuellement, va être, pour les personnes, de pouvoir passer d’un sentiment de contrainte à une liberté d’agir. La contrainte qu’elles peuvent ressentir en allant en médiation familiale à la demande du juge pourrait être la première étape d’une adhésion à la démarche. A quelles conditions ? Voilà le défi, car la médiation doit continuer à affirmer et soutenir la liberté, la responsabilité et l’autonomie des personnes.

Deux mémoires ont été particulièrement appréciés et distingués par leurs jurys. Il me semble que tous deux font preuve d’originalité dans le choix de leur sujet et d’audace dans l’axe de réflexion qu’ils proposent.

Caroline JAYET (2ème) s’est intéressée au concept d’«empowerment ». Un des mérites de son travail est d’en proposer une définition adaptée à la médiation familiale. Elle démontre que le développement de l’empowerment est au cœur de la médiation puisque son processus vise à accroître le pouvoir personnel des participants à la médiation. L’accent sur l’empowerment est plus ou moins important selon le courant de médiation auquel se réfère le médiateur ou la connaissance que celui-ci a de cette notion. Cependant, lorsqu’il est favorisé, l’empowerment aurait pour effets un mieux-être personnel et un réaménagement durable des relations entre les personnes.

Muriel OTT WARNERY (lauréate) a réfléchi aux liens entre la médiation familiale et le pardon.  Ces deux processus traitent du conflit dans ses dimensions passé et présente, de ce qui fait mal, de l’impardonnable. Ils favorisent un changement dans la relation. Cette étude définit tout d’abord les différentes composantes du pardon dans le champ de la famille et leur rôle dans le dépassement du ressentiment. Elle identifie ensuite les différences et les liens entre pardon et MF et pose la question de savoir ce que la connaissance du processus du pardon peut apporter au processus de médiation familiale.

En conclusion, bravo à nos tous frais diplômés pour leurs résultats, puisque sur 24 mémoires, 11 d’entre eux obtiennent à l’écrit une note entre 12 et 14 et 5 mémoires ont entre 14 et 17.

Nous tenons aussi à remercier chaleureusement les tuteurs de mémoires qui ont accompagnés nos étudiants.

 

 ANNÉE 2014

Clotilde BIARD : A propos de la reconnaissance de l’autre en MF Lors d’un conflit, qui est la matière brute du travail de médiation familiale, les personnes ont une faible capacité de reconnaissance mutuelle. Clotilde a cherché à monter somment le processus de médiation permettait de réapprendre à envisager l’autre comme un interlocuteur possible. Elle a observé que le processus de médiation familiale pouvait être entravé par une absence de reconnaissance de l’autre en tant que sujet différent et valide. Elle pose l’hypothèse que au delà de la reconnaissance des besoins personnels de chacun c’est aussi la reconnaissance mutuelle qui permet au aux personnes de dépasser leurs conflits.

Anne Jacqueline SCHRAEPLER : l’enjeu des langues en MF Compte tenu de son parcours et de son bilinguisme franco allemand, c’est tout naturellement que Anne-J s’est posé la question des médiation avec des couples de langues maternelles différentes. On constate une augmentation de la formation des couples mixtes et par conséquent le nombre de leurs désunions augmente aussi. La langue maternelle, plus qu’un simple outil de communication est aussi porteuse d’une identité communautaire, de codes culturels et d’affects AJ a étudié dans son mémoire l’impact des langues sur le conflit entre les personnes, et sur leurs relations dans la médiation Elle a aussi mis en lumière des langues différentes sur le travail du médiateur.

Delphine QUEMENER : le médiateur familial et ses résistances Delphine a fait le constat que si en France la médiation a connu un essor considérable depuis maintenant 30 ans, il est utile de réfléchir aussi à ce qui la freine. C’est ainsi qu’elle s’est penchée sur les diverses résistances à l’œuvre en médiation. Ces résistances proviennent bien sur d’un certain nombre de facteurs sociaux et culturels dans un premier temps. Elle s’est aussi attachée à mettre en lumière les résistances à l’oeuvre chez les personnes en conflit qui viennent en médiation comme chez le médiateur lui-même  Et ceci de façon à comprendre comment ces résistances influencent le processus de médiation et comment les transformer en aout pour notre métier.

Anne- Sophie RAMBAUD Elle s’est intéressée à :« l’accord de médiation homologable : enjeux et pratiques »  L’accord homologable est un accord écrit, formalisé en médiation, en vue de son homologation par le Juge aux affaires familiales. Avant de l’homologuer, le juge contrôle son contenu. Le fait pour le médiateur d’accompagner les personnes dans la recherche et la formalisation d’accords homologables soulève de nombreuses questions : – influence sur la place, le rôle et la finalité de la médiation, – influence sur la pratique du médiateur : – sur le cadre et la posture de tiers : comment le médiateur reste-t-il indépendant de la justice ? Comment faire usage de ses connaissances juridiques sans tomber dans le conseil tout en restant dans le cadre légal ? – sur la formalisation de l’accord : quelle influence sur les modalités de rédaction ? sur le contenu (faudra-t-il réaliser un document pour les personnes et un autre pour le magistrat ou alors un unique document)? et sur la forme (un accord entièrement et directement homologable, 1 accord partiel reprenant les accords et les désaccords). Si la réflexion reste ouverte, il semble que la souplesse et l’adaptabilité du médiateur lui permettent d’ores et déjà de répondre à la demande des personnes en respectant au mieux le cadre de la médiation.

Caroline BLONDEAU:La Liberté en médiation familiale La médiation familiale offre un espace de liberté aux personnes en situation de conflit : liberté de s’engager et liberté de s’exprimer. Un des postulats de la MF est que les personnes ont la capacité de trouver par elles-mêmes une réponse satisfaisante à leurs conflits. Or, la philosophie définit la liberté comme la faculté de l’homme de se décider comme il lui convient. La médiation familiale établit un espace de respect et d’écoute dont les personnes vont faire l’expérience concrète et développer d’autres formes de communication, entre affirmation de soi et prise en compte de l’altérité. En quoi la liberté en médiation favorise-t-elle l’auto détermination des personnes ? Comment le médiateur va-t-il instaurer et préserver cette liberté, par sa posture et ses interventions ? et quelles sont les limites à expression de cette liberté? Voilà les interrogations que partage Caroline avec nous dans ce mémoire.

Dalila HAMOUCHE : La médiation familiale, espace d’individuation ? La famille contemporaine est en pleine mutation et prend aujourd’hui de nombreuses formes. La perte de repères stables dans la construction de la famille provoque de l’inquiétude, chacun étant renvoyé à lui-même pour établir son propre modèle de parent. L’objectif de la médiation familiale est de permettre aux personnes de prendre confiance en eux dans le projet parental qu’ils vont construire, projet qui sera à la fois singulier pour chacun et commun, puisque dans la coparentalité. Le cadre de la médiation familiale met en mouvement un processus qui accompagne pas à pas chacun dans l’expression de sa singularité ainsi que dans la reconnaissance de la différence de l’autre. Pour Dalila, le défi du médiateur sera de rester en capacité, au-delà de tout modèle parental préconçu, de laisser la place à l’individualité de chacun dans l’élaboration de sa propre parentalité.

Elise BAILLY Le mémoire d’Elise a pour titre : Le contrat dans le couple conjugal et le couple parental : du contrat inconscient au contrat conscient avec la médiation comme cadre de libre détermination Elise met en parallèle les termes du contrat initial du couple, dans ses dimensions inconscientes et implicites avec ceux du contrat parental après la séparation, posés consciemment. La médiation familiale a pour objectif d’accompagner les personnes dans le choix concerté de leur propre projet de parents, selon un principe de libre détermination. Mais finalement, les personnes sont-elles si libres que ça d’élaborer leurs accords de parents dans le cadre posé par la médiation familiale ? En effet, comment la médiation se situe-t-elle par rapport aux normes sociales actuelles ? Et quelle est la valeur des accords pris en médiation ? Juridique, morale ou symbolique ? Elise commence sa réflexion en citant Bergson : la « conscience est synonyme de choix » et conclut son mémoire en disant l’importance pour le médiateur de prendre conscience « de l’existence des normes sociales actuelles et du risque d’instrumentalisation de la médiation familiale en tant qu’outil du contrôle social. Et ce, afin que la MF ne favorise pas « une rigide vision du monde, sinon un nouvel ordre… »

 

Ils se sont formés au DEMF de l’Université de Nanterre et sont devenus médiateurs familiaux, médiateurs généralistes, responsables de service, directeurs d’association; ils sont prêts à répondre à  vos questions, n’hésitez pas à les contacter :

Delphine SOULIE  delph1205@hotmail.fr 2013

« Avant mon entrée en formation j’étais éducatrice spécialisée. Je ressentais un grand besoin d’évoluer professionnellement. Pour ce faire, j’ai entrepris un bilan de compétence qui m’a amené à la médiation familiale. Il s’agissait pour moi d’ouvrir les portes d’une nouvelle pratique professionnelle. Cette formation a été très riche car non seulement elle m’a permis de rencontrer de nombreux professionnels venant d’horizons divers et variés mais aussi de me familiariser avec un métier à la fois proche et très différents de celui que j’exerçais auparavant. Grâce à cette formation, j’ai évolué dans ma pratique professionnelle mais je dirais presque surtout personnellement. Il est incontournable que cela oblige à se questionner sur soi, son rapport au conflit, au couple, à la famille, à la loi, au cadre déontologique… Pour moi, il y a un avant et un après cette formation. Aujourd’hui je ne suis plus la même professionnelle. Je suis à nouveau éducatrice spécialisée mais avec en plus mes outils et mon regard de médiatrice familiale. Assurément, ce métier je l’exercerai un jour mais pour le moment j’ai à cœur de le faire connaître dans le secteur du handicap car je suis persuadée qu’il s’agit d’un outil qui pourrait avoir des effets particulièrement intéressants dans ce milieu.  »
 

Charlotte AVEILLAN chaaveillan@gmail.com 2013

« Cette formation a été pour moi un cheminement, une maturation progressive vers la posture du médiateur, à la fois accueillante, sécurisante, valorisante. J’ai particulièrement apprécié à Nanterre la diversité et la richesse des intervenants de grande qualité dans les 4 dimensions de la formation : Médiation, Psychologie, Droit et Sociologie de la Famille. Le fait qu’il y ait beaucoup de cas pratiques et de mises en situation me parait aussi essentiel. Enfin tout au long du parcours, alors que le cheminement à réaliser peut paraître parfois difficile, je me suis sentie soutenue, encouragée et accompagnée. Aujourd’hui je travaille à mi temps dans une association de médiation, mais également au montage de ma propre structure. « 

Karla MARTINS martinskarla26@gmail.com 2013

Muriel OTT WARNERY muriel.ottwarnery@yahoo.fr 2012

« Ces deux années et demi de formation à la médiation familiale et plus largement à la gestion des conflits (intéressant pour moi qui venais du monde de l’entreprise) ont été d’une grande richesse, tant au niveau professionnel que personnel. Cela a marqué un tournant dans ma vie dans le sens de développer une nouvelle manière d’être et d’aborder les relations humaines. Les cours théoriques et pratiques de la première année sont d’une très grande qualité, avec des enseignants variés qui ont une vraie maitrise de leurs sujets. L’année pratique de stage est bien organisée et permet de développer sa posture de médiateur de manière efficace, bien encadrée. Enfin la tâche finale exigeante de rédaction d’un mémoire sur un thème de son choix est un travail de dépassement de soi très bénéfique. Il constitue une base de départ solide pour se lancer dans le métier complexe et passionnant de médiateur. »

Carole JOUASSET carole.jouasset@gmail.com  2006

Cédric DUPUY cedricdupuy@hotmail.com 2004

Frédéric PENANT frederic.penant@orange.fr 2008

Nathalie BEZIAT-LANGLOIS nat.eric.bzl@orange.fr 2005

« C’était il y a 10 ans…2006:J’obtenais mon DE de médiatrice familiale, une nouvelle vie professionnelle commençait. Après avoir été journaliste spécialisée autour des problématiques famille, enfant, construction du sujet (Enfant d’abord, Fête des bébés, Les Maternelles…), j’ai trouvé dans la formation de Nanterre l’occasion de penser le sens que je souhaitais donner à la suite de ma vie professionnelle. Le temps (2 ans), le rythme (2 jours par semaine), la qualité des intervenants et des formateurs, leur exigence, m’ont fourni un cadre solide. Déjà une façon de me transmettre le métier… D’observatrice des constructions familiales, je suis passée à l’accompagnement des moments de crise ou d’impasse. Et quand je reçois les personnes en médiation aujourd’hui, me reviennent régulièrement les souvenirs de ce que j’ai pu expérimenter en formation du coté de l’implication, notamment dans les jeux de rôle. « 

Agnès CUPPENS agnes.cuppens@wanadoo.fr 2010

Anne-Marie LACROIX  annema.lacroix@hotmail.fr 2009